Parole d'étudiant
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Destination l'université de Turin avec Tania

Tanya, étudiante en LLCER Anglais a passé sa 3e année de licence à l'université de Turin dans la cadre du programme d'échange Erasmus. La littérature anglaise dans une fac italienne, il fallait y penser !

 

Arrivée en territoire inconnu

En troisième année de LLCER Anglais, je pars en tant qu’étudiante Erasmus à Turin. Pour ceux qui en doutent, l’un n’empêche pas l’autre ! Grâce à internet, facebook, quelques mails et des appels, j’ai visité et trouvé une chambre en colocation très rapidement pendant un saut de trois jours en ville. Une fois sur place, il faut se rendre au Bureau des Relations Internationales (Ufficio Mobilità Internazionale) de l’Unito pour déclarer votre arrivée et aussi vous rendre à l’Agenzia delle Entrate afin d’établir votre « codice fiscale » , soit votre immatriculation de résident(e) que chaque habitant italien possède. Vous avez le choix entre résidence étudiante et colocation. J’ai opté pour une colocation avec des natives italiennes par souci d’apprentissage de la langue. Je tiens à dire que l’expression vocale et physique des italiens n’est pas un mythe… tranquillité et silence non garantis. Cependant j’arrive avec 0 d’italien et je repars avec un niveau courant. La magie de l’immersion ! Je constate aussi mes progrès en anglais, d’un B2 à un C1, et je vis dans un environnement trilingue français-anglais-italien voire quadrilingue avec l’espagnol et les amis natifs. Pour les résidences, mes amis qui y vivaient et étaient colocs entre eux n’avaient rencontré aucune difficulté, à condition de faire une demande en temps et en heure.

 

On a quoi de bon à Turin ?

Turin est une ville superbe et pleine de choses à faire (et à manger). Entre les Alpes et les collines, la ville est agréable même si assez polluée, les musées sont riches, la pizza taille XXL et les glaces à prix donné sont à tomber, la plupart des gens vous feront la causette volontiers. Je conseille le Monte dei Cappuccini (que vous ne pourrez sûrement pas rater !), la Superga et son panorama sur la ville, le musée du cinéma dans la Mole Antonelliana et pourquoi pas une escapade à son sommet renseignez-vous sur les légendes urbaines auparavant…), le parco del Valentino, Piazza Castello, la Via Rivoli, la Reggia di Veneria, la gelateria Conogelato qui produit des glaces à base de lait de bufflone (oui oui, la le même que pour la mozza di buffala, avis aux amateurs) et les coins et recoins du centre ville toujours animés. Les transports ne sont pas plus chers qu’à Paris, un ticket bus/métro coûte 1,50 euro et il existe des abonnements équivalents à l’Imaginr et Navigo disponibles sur le site de la GTT. LA proximité avec la France permet des retours assez rapides et pas trop chers selon la saison. Utile en cas de mal du pays. De même, les logements ne sont pas à un prix exorbitant. Le coût de la vie est en fait presque le même qu’Paris, et même un petit peu moins cher selon mon expérience. J’ai dû dépenser environ 8000 à 9000 euros maximum pendant ces 9 mois d’octobre à juin comprenant mon loyer, mes allers-retours Turin-Paris, mes courses alimentaires et médicaments en période hivernale glaciale, mes achats de livres scolaires, 3 voyages en Italie (Venise, Cinque Terre, Rome), mes sorties quotidiennes, mon abonnement téléphonique et les titres de transport. Et comme dans tout centre de grande ville, la vie nocturne ne s’éteint jamais !

 

La fac à l’italienne

Le système italien est déroutant pour un étudiant français. La plus grande surprise (ou la confirmation d’un stéréotype attendu) étant l’administration. Malgré la réactivité de mes interlocuteurs, il était parfois difficile d’obtenir une information, chacun se renvoyant la balle les uns aux autres, et surtout le temps d’attente concernant l’arrivée de mon relevé de notes qui m’a d’ailleurs fait rater la première session d’inscription en Master. De fait,  je vous conseille de passer votre tout dernier examen avant la mi-juin voire plus tôt. Pour lma part,, j'ai pu compter sur l'aide de Laurence Cros, responsable des relations internationales de l'UFR Études anglophones à  Paris Diderot pour répondre à mes questions lorsque j’en avais besoin, et aussi sur Andrea Carosso, coordinateur à l’Unito, qui était très réactif à mes mails. L’enseignement universitaire italien repose fondamentalement sur les lectures personnelles en plus des cours magistraux. Mon année faite de littérature anglo-américaine, littérature des pays de langue anglaise, deux enseignements de littérature anglaise, deux enseignements de langue anglaise tous pris dans le cycle « laurea triennale » (équivalent de la licence) et de cours d’italien m’a conduit à lire une vingtaine de livres (de 300 à 500 pages) en un temps record. Mais avec de l’organisation, rien n’est impossible et académiquement parlant c’est l’année durant laquelle j’ai eu mes meilleures notes ! Certains examens sont écrits et d’autres oraux en face à face avec le professeur et parfois avec d’autres étudiants. Pour les intéressés, l’Unito offre toute l’année des cours d’italien de niveau débutant à avancé, avec possibilité de changer de niveau entre les deux semestres,  qui peuvent rapporter 5 ECTS sur uniquement un semestre. Vous pouvez aussi profiter du sport universitaire via le CUS Torino.

 

L’ambiance Erasmus

La raison numéro 2 (après les études, bien sûr) pour laquelle vous partirez : la vie Erasmus avec un grand E ! J’ai rencontré des personnes d’absolument toutes nationalités, de passage ou maintenant de bons amis, et c’est à ce moment que mes compétences d’anglais font leur intervention. L’anglais est définitivement la lingua franca des Erasmus ! Profitez de la vie nocturne, des parties, des dîners internationaux, des happy hours, des voyages d’un week-end organisés par la fac ou entre vous, des « tandem linguistico », et tout événement dont vous entendrez parler de bouche à oreille ! Les étudiants peuvent acheter la Carta Musei qui octroie des entrées à prix réduits dans tous musées et gratuits dans certains. La vie Erasmus est un monde à part et un monde à lui seul qui vous bousculera dans vos routines. Vous en ressortirez grandi - personnellement enrichie, épanouie et pleine de super souvenirs - qu’il vous tardera de tout raconter à vos proches et moins proches. Français, italiens, indiens, polonais, allemands, hollandais, finnois, japonais, chinois, mauritienne, espagnols, péruvien, philippin, brésilien, mexicaine … voilà tout le petit monde avec qui j’ai partagé cette année. J’espère que comme moi, votre année à Turin sera l’un de vos meilleurs souvenirs et que vous en profiterez comme il se doit !
 

Tanya a créé au cours de cette année un blog consacré aux informations pratiques pour tout étudiant Erasmus à Turin. Jetez-y un oeil !